Le ROAS (return on ad spend) rapporte la valeur générée par vos campagnes à ce qu’elles ont coûté : valeur de conversion divisée par la dépense publicitaire. Il s’exprime en ratio ou en pourcentage — 4 000 € de ventes attribuées pour 1 000 € dépensés donnent un ROAS de 4, ou 400 %. C’est l’indicateur roi des comptes e-commerce, et l’un des plus mal lus.
Le ROAS n’existe que si vos conversions portent une valeur : montant de commande transmis par le site, ou valeur estimée que vous attribuez à une demande. Sa fiabilité dépend donc directement de la qualité du suivi des conversions et des valeurs transmises — un suivi approximatif produit un ROAS approximatif, présenté pourtant avec deux décimales.
Le ROAS sert aussi de consigne aux enchères automatisées : un ROAS cible demande à l’algorithme de privilégier les ventes qui respectent ce ratio Smart Bidding. La règle d’attribution utilisée influence par ailleurs la valeur que chaque campagne s’approprie — d’où des ROAS différents pour une même réalité selon l’endroit où on les lit.
Le point aveugle du ROAS : il mesure un chiffre d’affaires attribué, pas ce qu’il vous reste. Reprenons l’exemple, volontairement simplifié : ROAS de 4, soit 4 000 € de ventes pour 1 000 € de budget média. Avec 30 % de marge brute, ces ventes dégagent 1 200 € de marge — dont il faut encore déduire les honoraires de gestion éventuels. L’opération reste ici positive, mais l’écart entre « ROAS de 4 » et le gain réel est considérable. À 20 % de marge, la même campagne devient déficitaire.
C’est pourquoi un ROAS ne se juge jamais dans l’absolu : le seuil à partir duquel une campagne gagne de l’argent dépend de votre marge, pas d’une norme du marché. Quiconque vous annonce un « bon ROAS » sans connaître vos marges lit l’indicateur à l’envers.
Comparer des ROAS entre canaux ou entre outils qui n’utilisent pas la même attribution. Piloter au ROAS avec des valeurs de conversion incomplètes — retours produits, ventes annulées, demandes sans valeur renseignée. Confondre ROAS et retour sur investissement : le calcul complet, incluant marges et coûts, relève d’une autre démarche, présentée dans comment évaluer le retour sur investissement de vos campagnes.
La cohérence entre le ROAS affiché et la réalité comptable : si la plateforme annonce une excellente période que votre chiffre d’affaires ne reflète pas, le problème est presque toujours dans la mesure ou l’attribution. Une méthode de lecture simple, sans jargon, est proposée dans comment savoir si votre publicité est rentable.
Vérifier que le ROAS affiché repose sur des valeurs fiables — et qu’il est lu face à vos marges réelles — fait partie des contrôles de notre Audit SEA.